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October 30 Hockey, halloween et créativitéEn espérant que firefox ne me refasse pas le même coup, mais de toute façon j'ai pris les devants, je tape mon post sur mon éditeur local avant d'essayer de le mettre sur le web, comme ça au moins, je ne perdrais pas tout. Bref, initialement, je devais poster ce truc hier, mais j'ai fait ma journée louze informatique, option je mets mon système à jour et ça me prend neuf heures. Neuf heures à le regarder installer des trucs, en virer d'autres télécharger tout un tas de fichiers, ramer comme pas possible, avec impossibilité totale de faire autre chose, i.e. pas d'accès internet donc pas de msn, pas de facebook, pas de blog... argh. Surtout quand on est dans son bureau tout seul, avec pour seule lecture possible soit des vieux Metro Edmonton soit Robin Hartshorne : «Algebraic Geometry», vu qu'évidemment je n'ai pas pris de bouquin (je pensais pas que ça allait me prendre autant de temps) et que mon Matsumura et mon Fulton me servent, ainsi que les autres articles que j'ai sous la main, de support pour surélever un peu ma babasse qui crache un vent chaud dans la pièce où je suis et fait hurler le ventilateur (c'est pour ça que j'ai décidé de lui donner un peu de hauteur). Bref, une fois que l'on a passé en revue tous les chapitres et même les annexes auxquelles on ne comprend pas grand chose (les conjectures de Weil, c'est assez obscur pour moi), on commence à vraiment se faire chier... D'où un rangement de mon bureau (il est limite mieux rangé que celui de ma co-bureau, gnark gnark gnark), un début de scrabouillis et une étude inutile mais néanmoins occupant la tête de O(d) sur P^n (comment ça je suis censé savoir ça par coeur depuis deux ans?). Je me retrouve donc à sortir du bureau vers 19h30, ce que je déteste, vu que déjà en temps normal, quand je sors vers 18h, je me sens un peu seul dans le bâtiment (d'ordinaire, je fais 9h-18h), alors vers 19h30, c'est terrifiant : Personne, à part le personnel de nettoyage, et encore, qui range le chariot avant de rentrer à la maison, la nuit sur le campus, les rues presque vides, le vent qui souffle, les loups qui hurlent à la mort, et les sabots des cavaliers de l'Apocalypse qui résonnent au loin... Ah non, je m'emporte un peu là. C'est désert quoi. En plus je devais faire des courses parce que plus rien à manger à la maison mais en sortant à cette heure, aller au Safeway ça saoule. Donc je me suis pris une bonne pizza du coin, genre «big meaty» ça devrait parler... (et elle est sans ananas dessus celle-là, je ne sais vraiment pas pourquoi ils en mettent partout ces Canadiens) pour me réconforter un peu avant de rentrer à la maison pour taper mon post et profiter d'une petite soirée légère à lire et me reposer. Évidemment : «Ouais tu fais quoi ce soir?» Et il y a des gens auxquels je ne sais pas dire non... même si des fois vaudrait mieux. Et donc le post a été reporté à ce matin avec en plus un nouveau système tout neuf qui est tout joli (vive ubuntu 7.10). Reprenons donc où j'en étais avant que firefox me plante au nez dimanche après-midi, parce que quand même ce qui est intéressant c'est ma vie en Alberta, terre de pétrole et de Brokeback Mountain. Celui qui a dit «égocentrique!» est prié de se dénoncer! Je disais donc que je pensais finalement que j'allais prendre le rythme de poster le dimanche après-midi pour faire un résumé de ma semaine, pendant que ma lessive tourne et que j'attends avec impatience le doux et strident «biiiiiiiiip» du sèche-linge m'annonçant que je vais enfin avoir des chaussettes propres pour la semaine à venir, en écoutant Hidden et avant d'aller à mon traditionnel dimanche soir avec Ivan, option pop-corn-coca-dvd-discut. (D'ailleurs, Transformers, c'est franchement sympa, Fanastic 4 I&II ça se regarde.) Je suis content en plus, je commence à ne plus avoir besoin des sous-titres anglais quand je regarde un film... Tout ça parce que comme dirait Metalleux «Dieu a dit, le dimanche tu ne glanderas rien mais tu feras quand même ta lessive» Bref, la semaine fut assez remplie avec pour commencer une découverte-initiation aux principes du hockey, Le sport du coin. Il est sur glace mais je pense que c'était évident pour tout le monde. L'équipe locale, ce sont les «oilers» et je pense que la raison est assez évidente... D'ailleurs c'est assez marrant parce que les soirs où ils jouent à domicile, les en-têtes de bus (le «4 West Edmonton Mall», comme le «38 Porte d'Orléans») alternent avec «Go! Oilers Go!», je trouve ça mignon et je me demande ce que ça donnerait si on faisait pareil avec le foot en France... Le football (Canadien) n'a vraiment pas autant de succès et le soccer à l'européenne, ils savent que ça existe mais c'est presque tout... Bref, c'est vraiment important et ils sont payés des sommes astronomiques il paraît mais en contrepartie ils jouent vraiment souvent. Et ils se tapent dessus aussi pas mal et en plus, vu que de toute façon les deux qui se tapent dessus vont écoper du même temps de sortie de jeu on les laisse faire, parce que ça fait partie du spectacle, avec les arbitres qui tournent autour et n'interviennent que si ça tourne à la mêlée ouverte. Je suis même franchement admiratif de leur capacité à se taper dessus en tenant sur des patins (ok, ils ont appris à patiner avant d'apprendre à marcher ces gens-là mais quand même). Je vais peut-être essayer d'aller voir un match mais c'est vraiment bien cher ($50 pour la place la plus pourrie tout en haut des gradins). Et en plus, s'ils n'ont pas vendu assez de places, ils ne diffusent pas les matchs dans la ville où ils ont lieu, forme de black out pour se venger :-P. Bref, j'ai pas l'air comme ça, mais je m'intéresse un peu aux sports aussi, même si j'en fais pas (et d'ailleurs, je suis très reconnaissant à Lucas d'avoir passé un bon bout de temps dans une hytte rose au milieu du pays des Élans à m'expliquer les enjeux et l'histoire du free fight). En ce moment, c'est Halloween dans le coin, rien à voir avec ce que l'on a en France, c'est un peu plus important ici. Donc vendredi soir, il y a avait une vague soirée halloween au buddy's et quelques personnes déguisées, c'était bien sympa, surtout avec mes deux skatouzes préférés mais la vraie grosse soirée c'était samedi, au roost. Ma prévision initiale de déguisement, c'était pantalon vert, t-shirt sans manche orange avec un autre vert à capuche en-dessous (pour mettre sur ma tête et faire la queue de la citrouille), avec des yeux et une bouche en papier noir collés dans le dos, des manchons oranges et noirs et une bonne dose de maquillage orange sur le vissage avec des traits noirs pour accentuer le tout. Une citrouille transgénique géante quoi. C'était le projet initial. Parce que bien évidemment, quand je me pointe au city center mall pour acheter tout ça, tout était fermé, à 18h, vous vous rendez compte un peu, fermé à 18h un samedi... même les grandes surfaces... Il a donc fallu improviser, partir à la recherche d'un truc ouvert pour au moins avoir quelque chose... Le seul truc ouvert trouvé, c'est un save-on-food, autrement dit un équivalent du leader price. Bon, on va essayer de faire avec... J'ai besoin de papier noir. Évidemment, ils n'ont pas mais ils ont du papier blanc et du cirage noir, créativité, créativité, on va se faire son propre papier noir et le coller dans le dos. Tout ça bien évidemment dehors, tout seul en longeant un cimetière pour aller chez Kat... Idée créative effectivement mais ça marche plutôt bien et ce n'est pas si stupide que ça vu que la drag queen du jour, dans un moment d'égarement, pour sécher sa jupe utilise le sèche cheveux directement sur le tissu, le crame et fait des trous dedans et finalement utilise la même méthode pour cacher les trous... En gros, le costume était pas top mais c'était déjà ça, pour mon premier vrai halloween je suis content de moi. La soirée n'a pas commencé directement au roost, vu qu'avant, je suis allé à l'ultimate skatouze event. Autrement dit le concert de pop-rock amateur dans un skatepark... Bien évidemment intitulé deadfest, on est halloween, n'oubliez pas. C'était bien sympa avec tout le monde déguisé n'importe comment (même une Jessica Rabbit, mais elle ne valait pas Anna) et la musique était vraiment pas mal. Tout ça grâce à Kat, qui connaissait le groupe qui jouait... Vient ensuite le moment de rentrer, d'attendre le bus 20 minutes parce qu'ils ne passent pas si souvent que ça, qu'il n'y a ni horaires, ni plan global ni de ligne dans un abri bus (sans nom d'ailleurs). C'est pas forcément évident quand on débarque en ville pour s'y retrouver. Il paraît qu'il faut appeler un numéro pour savoir dans combien de temps passe le prochain. Et en plus on s'est foutu de moi quand j'ai fait signe au conducteur de s'arrêter, paraît que y'a pas besoin... Retour au roost donc par la suite. C'était blindé, mais genre blindé de chez blindé, les soirées du COF populeuses ou les K-lô les plus fournies, c'est désert à côté, même le Queen les jours de grande affluence... Quasiment impossible de se déplacer, vague crise de panique de ma part, sortie pour prendre un peu l'air, retrouver des gens que l'on connaît, se calmer un peu et passer une super soirée en fin de compte. Maintenant, j'attends juste demain soir pour la vraie soirée d'halloween en vrai, j'ai quelques personnes qui m'ont invité à différents endroits, je dois encore faire mon choix. Voilà, c'était les dernières nouvelles en provenance du Canada... En espérant que tout se passe bien pour vous, envoyez-moi des mails :P October 23 Fast food, alimentation, vie culturelle, relations humaines et tout le tralalaOui je sais, ça faisait bien longtemps que je n'avais rien mis ici, par manque de temps, par flemme, par fatigue et aussi par un léger problème de connection qui faisait que je ne pouvais rien mettre... Bref c'est le grand retour et je vais une fois de plus parler bouffe, vu que plein de gens s'inquiètent du fait que j'arrive à me nourrir convenablement et que je ne vais pas revenir encore plus maigrichon qu'avant (ce qui voudrait quand même dire que j'ai laissé un os quelque part...). L'alimentation, le soir c'est cuisine à la maison avec ce que j'achète au supermarché du coin, ça n'a pas beaucoup de goût mais ça a déjà plus de gueule que le truc tout préparé que l'on met au micro-onde avec un peu d'eau et que l'on regarde grossir. Je me spécialise d'ailleurs dans les 1000 et unes façon d'accomoder des pâtes, du morceau de poulet indifférentiable, de la crème, des oignons et des épices diverses. Rassurez-vous c'est bon et je ne suis pas malade avec ça. Le midi, faut manger vite, parce que la déformation du cône normal attend et il est hors de question de la laisser patienter trop longtemps. En gros c'est direction le Hub, le mall de la fac pour aller se chercher un fast-food chinois, japonnais, coréen, italien etc. C'est généralement pas cher du tout et en plus assez équilibré (avec plein de trucs verts dedans, même de la salade). En plus c'est bon. On peut même rajouter des trucs différents si on veut, avoir une boisson pas trop pleine de sucres et prendre le temps de manger assis en lisant son journal. L'autre option c'est le traditionnel fast food à l'américaine avec un large choix de burgers (beurk) et toujours des nuggets, parce qu'il n'y a que ça de vrai. Le mcdo de nos campagnes à côté, c'est de la rigolade... Globalement c'est vraiment bon, pas comme ce à quoi on est habitué tout dégoulinant de gras et sans aucune autre saveur que le sel qui va avec. En plus les frites avec, on peut les transformer en chili, en pomme de terre au four, en salade habituelle ou de fruits, le tout sans supplément! Le repas équilibré en prenant un truc basique n'est pas loin du tout, et en plus c'est pas cher. Bon évidemment, le problème, c'est si ensuite on se fait une petite eau noire, oups pardon café, avec une pâtisserie (genre le Honey cruler du Tim Hortons c'est le pied), là d'un coup, ça devient un peu plus dangereux pour le cholestérol... Tout ça pour dire, il faut arrêter de croire qu'il est impossible de manger convenablement pour pas cher, si c'est possible. Évidemment, ça ne vaut pas la petite guinguette où Jeannine, la sympathique tenancière (merci le routard), prépare avec amour sa salade de champignons avec des vrais morceaux de terre dedans... mais on survit. L'autre truc intéressant c'est que les malls ont souvent toute une zone dans le genre, avec plein de tables, chaises etc. et plein de petites boutiques à emporter, un peu comme au Carroussel du Louvre. C'est bien pratique on ne se pose pas de questions, chacun prend ce qu'il veut et on se retrouve ensuite là où on veut. Ils essaient même de faire un vrai effort sur le recyclage (évidemment, en extérieur c'est un peu plus difficile vu que ces saloperies d'écureuils viennent tout mélanger). Sinon, il y a eu des élections municipales aussi dans le coin, et le maire a été réélu assez largement. Les préoccupations des habitants sont surtout le déneigement l'hiver et les écoles... Heureusement, certains s'intéressent aussi aux problèmes de sécurité en centre ville (je l'ai peut-être déjà dit mais paraît qu'Edmonton est une des villes les plus dangereuses d'Amérique du Nord, faut vraiment que je vérifie ça, parce que pour l'instant je n'ai pas vraiment senti ce sentiment...), et aussi des problèmes de logement, de fermeture des lits en HP tout ça... Mais le Canadien parle peu politique en général, a juste fallu que bien évidemment je tombe sur ceux qui en parlent tout le temps. Bref, toujours pour continuer dans la veine culturelle, j'ai pu constater aussi ce que font les gens de leur temps libre. Globalement nos traditionnelles sorties ciné resto expo musée... bof de toute façon y'a guère que des grands espaces ici avec des marques de castors sur les arbres ("Sauvez un arbre, mangez un castor", ça a de plus un sens assez pervers en langage local ça...). Éh bien figurez-vous qu'ils ont raison. Les grandes balades le long de la rivière, ou dans un des immenses parcs de la ville, c'est bien c'est sympa, les chemins sont convenablement entretenus, la vie est belle quoi. Bon sinon, ils vont camper ou partent en vacances à Hawaï suite à un clic trop rapide sur le site de réservations internet... Néanmois, je vais quand même traîner quelques Canadiens (et Canadiennes pour ceux qui commencent à s'inquiéter) à la galerie d'art de l'Alberta, c'est pas bien grand, impossible à trouver (ils sont en travaux et il n'y a pas un seul panneau dans le coin, alors il faut demander à des passants, qui me voyant avec toutes mes épaisseurs me prennent pour un sans-abris : «No I don't want spare change, I just need information»), mais qui a une expo paraît-il sympa de pop-art en ce moment. Il y a aussi les concerts qui sont assez rares dans les bars ou alors complètement inabordables, mais qui ont lieu à Rexall place souvent, au nord de la ville genre grand complexe multi-activités type millenium dome à Londres à part que ça ressemble plus à une forteresse de Pirates des Caraïbes, mais bon la neige, le vent tout ça. Salle classée 3e au niveau Canada en qualité d'accueil et 13e mondiale (je ne connais pas les critères, je l'ai juste lu dans Metro édition Edmonton en mangeant mes nuggets, entre un article sur les problèmes de royalties du pétrole et le procès d'un meurtrier qui se prenait pour Jésus en assassinant sont amie d'enfance, enceinte, portant l'enfant du Diable, sous influence de crystal-meth évidemment, mais finalement déclaré responsable de ses actes si vous voulez connaître la fin de l'histoire). Bref, on trouve André Rieu dans les concertistes (faut pas rêver, j'y suis pas allé), un groupe de metal dont j'ai oublié le nom mais dont j'ai entendu parler cet été venait de passer quand je suis arrivé et Bon Jovi en novembre. J'ai pas encore tout regardé en détail mais ça peut être sympa. Entre temps, j'ai aussi fait découvrir le lèche-vitrine à un de mes collocs chinois, c'était épique surtout qu'on n'a pas les mêmes goûts vestimentaires du tout, et investi dans un magnifique manteau hiver-proof que j'aurai juste besoin de mettre un sweet en dessous quand il fera -40°C, il est ultra confortable, j'ai vraiment envie de dormir dedans quand je rentre à la maison... Bon par contre, je n'ai toujours pas acheté de long johns, ces sur-sous-vêtements pour se protéger les jambes, je pense que je doublerai le tout avec un de mes pantalons de pyjama ça sera suffisant (moins sex, mais bon...). Continuons à raconter ma vie, parce que quand même elle est trop bien :-P. Bref, sinon je continue à sortir régulièrement et à assurer ma présence sociale, sauf que maintenant, ben je commence à vraiment connaître pas mal de monde, à me sentir vraiment plus à l'aise, et à passer plein de temps sous forme diverse et variée. Promis je travaille un peu aussi... Voilà, je pense que ça sera tout pour aujourd'hui c'est déjà pas mal, mais bon faut que je rentre à la maison pour manger, me laver, me faire beau avant d'aller découvrir le concept de «passer sa soirée au mall». Et non c'est pas un rencart, enfin, pour moi en tout cas ça n'en est pas un. Allez dans la paix, la tranquilité et l'amour des sachets de thé. N'oubliez pas de passer vos commandes de miel d'érable, de sirop d'érable, de peaux de caribous, de queues de castor en gelée, de Canadiens, de photos, d'anecdotes marrantes tout ça. Les frais de port varient en fonction de si je vous aime ou pas. October 06 De l'utilité des sciencesDepuis longtemps je me disais que faire des sciences et particulièrement des sciences dures, ça ne servait à rien dans la vie de tous les jours à part à crâner régulièrement en sortant des mots compliqués pour expliquer pourquoi ça sent les œufs pourris même s'il n'y a pas d'œufs dans le frigo ou encore à se marrer tout seul quand on prend l'ascenseur après quatre heures d'algèbre commutative et que le «fourth floor, going down» vous fait vous sentir comme un idéal premier après un changement de base... Et bien j'avais tort et la confrontation avec un pays lointain, étrange et où l'on parle la langue barbare des articles que je suis censé lire pour mon «boulot» (greumph) m'a permis de m'en rendre compte grâce à la vie de tous les jours et les échanges culturels avec mes collocs chinois. J'avais déjà évoqué la découverte de l'utilisation quotidienne du mot «flat» envisageable pour désigner ce qui est plat ET qui n'est pas forcément un morphisme de schémas, je n'ai pas trop parlé de mon utilisation de vocabulaire de géomètre algébriste pour décrire l'agencement de mon chez moi et ma position par rapport à la fac à un postdoc turc qui fait de la déformation du cône normal et je ne vais pas m'étendre là-dessus. Éh bien figurez-vous qu'hier soir j'ai même découvert l'utilité de la chimie. Je m'explique. Originaire du Loiret, je suis habitué à une eau très dure et un temps moyennement humide. Un de mes collocs chinois est lui habitué à un temps très humide et une eau très douce. Après de longues discussions sur le rapport à la famille au pays de l'enfant unique et les pays du divorce, on en vient à parler de l'hygiène du savon et du problème lié au fait que l'air soit très sec ici. (Même moi ça me dessèche la peau, j'ai même acheté un labello, pour la première fois de ma vie...). Et là c'est le drââââme, il va falloir que je lui explique que c'est parce que l'eau est très dure ici que la douche lui est désagréable... Bon «eau dure» je sais pas dire, bon on va essayer de dire que c'est parce qu'il y a beaucoup de calcaire dans l'eau... «calcaire» hum je ne sais pas dire non plus... bon on va essayer de parler pierre blanche tout ça dans l'eau... Ah on commence à sentir qu'on se comprend et là la révélation, l'illumination, l'universalité étalée sous nos yeux : l'un de nous sort la formule chimique de cette foutue pierre (bof pas trop une pierre), et d'un coup on sait tous les deux exactement de quoi parle l'autre... Bref, encore des lignes et des lignes pour ne rien dire à part que finalement, la chimie ça sert aussi à communiquer... Faites des sciences, pas la guerre (mais pas que des sciences non plus...) CaCO_3 vous salue bien bas October 02 CasquetteIl est une chose assez étrange pour un garçon bien élevé comme moi, c'est cette histoire de casquette que l'on rencontre partout dans ce pays et qu'on ne retire pas quand on rentre dans un lieu public, ce qui m'a valu quelques regards interrogateurs plus d'une fois lors de mes passages de portes, vu que des fois, la coiffure honnie cachée sous les épaisseurs de tissu ferait mieux d'y rester. Je n'y suis pour rien, c'est un réflexe acquis à force de lourds tapages sur les doigts (ou presque, j'enjolive un peu là je dois dire). Il en existe vraiment un grand nombre de formes différentes, les coloris variant autant que les couleurs de l'arc-en-ciel à travers un kaléidoscope. Le port aussi est très important, devant tout droit c'est normal, tout le monde peut faire ça et surtout le vendredi («casual day» où on peut venir habillé un poil plus décontracté que d'ordinaire). Sur le côté ou derrière, c'est un peu plus sauvage ou ado en crise. Bref, c'est bien intéressant et puis je ne sais pas mais en fait ça peut être très mignon, donner un petit côté choupinou. J'en connais un par exemple (enfin, s'il veut toujours bien me parler) qui sans a l'air normal, standard tout ça, mais qui devient absolument à craquer dès qu'il te regarde en coin sous sa gapette. En substance, ça ne marche vraiment pas pareil que chez nous, et finalement c'est tant mieux, ça rajoute un peu d'intérêt au paysage, vu que malgré la distance, on a quand même droit à Mylène Farmer et Cascada dans les bars/boîtes gay d'Edmonton. Promis, j'essaierai de faire mieux la prochaine fois September 28 Conduite alimentaireEnfin un vrai choc culturel! Moi qui me disais que mis à part quelques différences rapides dans les habitudes de vie (genre quand on dit bonjour, on dit juste bonjour, on ne fait pas la bise ni on ne sert la main), j'allais au total n'avoir pas de grand changement par rapport à ce à quoi je suis habitué. Et bien si! Enfin! Je m'étais mis dans l'idée de faire un petit repas tranquille pour Matthew et moi, par exemple des petits ballotins de veau panés avec du parmesan à l'intérieur et du jambon cru pour ficeler le tout (rien de bien compliqué à faire quoi) et il a fallu faire des courses... Là ça a été le drame, le vrai, le grand. «Veal? What is veal?» fut la seule réponse que j'obtins à ma recherche de viande au milieu d'un immense supermarché... J'explique de quoi il s'agit, on me considère comme un barbare pour oser manger des bébés vaches et tout ce qui va avec. J'ai pu constater aussi que la différence entre les différents morceaux de viande (le filet et le collier, ce n'est quand même pas pareil), c'était un peu évasif voire pas trop existant... Mais bon, la recherche d'ingrédients pour préparer le dîner qui finalement sera constitué de tournedos sauce champignons à la crème from scratch (ce qui avait l'air de choquer un peu aussi, peler les champignons, les faire cuire progressivement en rajoutant épices et autres herbes pour donner un peu de goût etc. miam, c'était bien bon) fut elle aussi assez épique : Non, je veux de la crème avec un peu plus de 0,001% de matière grasse, un vrai truc qui tient au corps quoi, oui je veux des vrais champignons, pas une espèce de sauce toute préparée avec du soja du maïs et des épluchures de moucherons dedans. Bref, je vais devoir m'habituer, ou en tout cas essayer de ne pas perdre trop le plaisir de manger en revenant (dis Jérôme, on se fait une bouffe pour mon retour ? :-P). Le point vraiment positif, c'est que la bidoche est vraiment mais alors vraiment moins cher qu'en France... En parlant de couilles de taureau, je saute au second point de ce billet, à savoir la conduite, la voiture et le rapport à la bête. Dans cette contrée isolée et assez glaciale, il est naturel que les gens aient une voiture et l'utilisent, même pour des petits déplacements (faire 300m dans le froid, ce n'est parfois pas évident). On trouve des «drive thru» partout, même à la banque... La conduite est plutôt vraiment plus agréable qu'en France. Ils y vont pépère... les rues sont larges, les intersections quasiement systématiquement quatre routes perpendiculaires... Il y a quand même certaines choses qui sont étonnantes notamment sur le régime des priorités et sur la possibilités de tourner à droite quand bien même le feu serait rouge. Ce qui est vraiment agréable néanmoins, c'est que quand je traverse la 80e avenue le matin ou le soir pour faire le trajet bureau-maison, alors qu'elle est bien large, avec un gros traffic et que le passage piéton est au milieu de nulle part et sans feu, dès que je suis à moins de deux mètres de la route, tout le monde s'arrête et me laisse passer. Ou alors c'est juste que je suis une star, je ne sais pas. Bref, le point amusant du jour c'était ce matin, sur la route : le pick-up devant nous avait une paire de testicules accrochée au niveau du crochet à caravane. Comme quoi, «pick-ups have balls». Merci de votre attention et passez un bon week-end, je m'en vais à Calgary... September 27 TéléphoneDepuis peu, je découvre les joies des téléphones canadiens. Déjà, il ne faut pas oublier que les Canadiens, forcément, ils connaissent bien le téléphone, ils l'ont depuis plus longtemps que tout le monde. Pourtant c'est assez étrange... Déjà, je n'arrive quasiment jamais à différencier les voix que j'entends, en tout cas pas au-delà du masculin/féminin alors que je connais quand même un certain nombre de personnes du même sexe qui ont des tonalités bien différentes... Et même quand je sais de qui il s'agit, non vraiment, ça n'a vraiment rien à voir avec ce que j'entends quand je suis en face. Bon, je dois juste être stupide. Néanmoins, le fonctionnement général des forfaits et autres trucs du même genre est assez étrange... Pour commencer, les communications locales sont gratuites, c'est bien pratique quand on cherche un logement par exemple. Ensuite, les numéros de portable ne sont pas du tout identifiables (pas d'équivalent du 06) et sont variables suivant là où on se trouve. Par exemple, en ce moment, mon numéro commence par 780, l'indicatif de l'Alberta, mais je ne suis pas certain qu'il reste le même si je pars par exemple faire un tour en Colombie britanique. Même si en fait, pour m'appeler, y'a pas besoin de mettre l'indicatif si on est dans ma région, mais pour m'envoyer un sms il faut le mettre... Bref c'est tordu et je n'y ai pas compris grand chose... Autre truc amusant : on a l'impression que l'on dispose d'un forfait très fourni en communications seulement, quand on m'appelle, c'est aussi décompté sur le temps que je suis censé avoir... donc faut faire gaffe aux pièges... Dans le même style, avoir un répondeur, une identification du numéro qui appelle, ce sont des services payants (que je n'ai donc pas parce que c'est bien assez cher comme ça...), ce qui est en fait vraiment peu pratique parce que non seulement on ne peut pas savoir qui a appelé quand on a loupé un appel mais en plus on ne peut même pas savoir de quoi il s'agit, et la personne en question se donne rarement la peine de rappeler. C'est un poil pénible quand on essaie de planifier son samedi soir et que tout le monde décide de m'appeler alors que je prends ma douche (oui, même en terre barbare, j'essaie de rester propre). Au total, je m'en sors quand même pas mal, rassurez-vous (comment ça ce billet est nul?), même si parfois il faut perdre ses habitudes de «bises, à plus, bonne soirée» à la fin d'une conversation. Heureusement, ma cobureau m'a donné un très joli bijou de portable coréen. Pour me porter bonheur et prospérité. C'était la pensée du jour. Pour que ça ne se reproduise plus, tapez 1 Pour me taper dessus, tapez 2 |
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